Israël : l’extrême gauche, une race en voie d’extinction

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L’extrême gauche israélienne vit en vase clos dans un ou deux quartiers de Tel Aviv et Haifa, mais ces réserves naturelles ne les protègent pas suffisamment, ils sont en voie d’extinction.

Israël doit être plus créatif pour les protéger, car une saine démocratie a besoin d’eux : les anti-sionistes, les post-sionistes, sont indispensables : ils sont le thermomètre qui confirme que la liberté d’expression est préservée.

Mieux protégés, on les sortirait régulièrement pour les laisser faire les marionnettes et manifester place Rabin à Tel Aviv : ils sont si prévisibles qu’on connait d’avance les thèmes de leurs protestations : ils soutiennent tout ce qui peut nuire à la judéïté d’Israël, à ce qui prioritise la sécurité au détriment d’un peu de « droits civiques », tout ce qui peut entraver l’épanouissement et les droits de la majorité, tout ce qui peut améliorer le niveau de vie, et avant tout, ils manifestent aveuglément pour le bien être des Palestiniens, quel que soit le prix à payer pour les Israéliens.

La débâcle de l’extrême gauche

Le Parti Meretz, son cœur, est à genoux. Sa présidente, Zehava Gal-On, avait jeté l’éponge et démissionné après les élections du mois de mars 2015, quand le Parti était tombé d’un déjà minable 6 sièges à la Knesset à un humiliant 4 sièges – un cheveu au dessus des 3.25% nécessaires pour exister politiquement (3).

Le Likoud, Parti du peuple

Le Likoud, principal Parti de droite israélien, est le meilleur garant de la démocratie car il respecte la volonté populaire. Aucun groupe n’est autant à l’écoute des désirs de la majorité que la droite, car elle n’est pas polluée par des idéologues. Cela se lit sur le visage souriant de chaque israélien, au 5e au rang mondial des peuples les plus heureux (1), mais aussi les plus optimistes : ils sont premier parmi les pays évolués à considérer que leurs enfants ont un bel avenir devant eux (2).

La gauche, partout dans le monde, méprise le peuple ou s’en méfie

Les élites de la gauche jugent le peuple trop stupide, trop primaire pour comprendre leur projet de société progressiste, leur vision d’une société nouvelle, leur dogme de l’homme nouveau, et cette bouillie internationaliste qui noie les peuples dans une non-identité sans racines, sans frontières ni nations, et qui doit apporter le bonheur néo-prolétarien égalitaire sur terre (son hollywoodien des trompettes et des tambours).

En Israël, la gauche n’est en rien différente

La gauche israélienne veut remplacer l’Etat juif, trop typé, trop attaché à son passé, à ses racines, à son histoire, à sa tradition, à sa terre et à ses frontières, trop juif en bref, par un Etat démocratique totalement miscible dans l’Europe broyeuse des identités nationales. Cela, contre la volonté de la population – vous, en Europe, en connaissez un bout.

Les moqueries des élites de la gauche contre la majorité séfarade et orientale (en 2009, 50.2% des juifs israéliens) et contre les juifs d’origine marocaine dévoilent ce mépris.

En 1998, Uri Orr, membre ashkénaze influent de la gauche, encarté au Parti travailliste, avait laissé filtrer son mépris et son intolérance pour ceux qui ne pensent pas à gauche, les séfarades (5).

“Je ne peux pas parler avec ces gens-là comme je parle avec d’autres qui sont plus israéliens de caractère, avait-il déclaré de cet air supérieur que les séfarades et les yémenites connaissent si bien. A chaque fois que tu leur dis quelque chose, ils sursautent, se sentent insultés, attaqués et commencent à s’agiter. [« ]

Le résultat est qu’on ne peut pas entretenir avec eux une discussion normale.»

Ce que Orr entendait par “discussion normale”, c’est un débat où l’on ne lui fait pas l’affront de rappeler les faits et la réalité, où l’on ne conteste pas les rêves chimériques de l’idéologie gauchiste. Car il ne s’agit que de rêves et suppositions.

Les centaines de milliers de juifs qui ont fait leur aliyah depuis 10 ans ne connaissent pas cette histoire.

Ils imaginent une gauche israélienne ressemblant un peu au Parti socialiste français, version soucieux de préserver le judaïsme. Comme ils sont loin de la réalité ! Ils ne savent pas que le Parti travailliste est marié avec l’élite ashkénaze la plus fortunée du pays – une élite très fortunée et de gauche, oui monsieur.

« La gauche israélienne n’est pas sociale mais élitiste »

Moshe Karif, fondateur du Parti arc en ciel séfarade l’expliquait mieux que quiconque :

«La gauche israélienne n’est pas sociale mais élitiste. Le Parti travailliste n’a jamais été lié aux [séfarades] orientaux. C’est son péché historique.

Jamais je ne pardonnerai à cette caste de nous avoir inculqué la honte.

Honte pour mon père qui devait se cacher pour chanter en arabe.

Honte pour moi lorsque j’ai demandé à ma grand-mère de ne plus venir me chercher à l’école parce qu’elle ressemblait à une Arabe».

Mirak Allouch, un autre séfarade, confirme :

«Les [séfarades] orientaux n’apparaissent toujours pas dans les livres d’histoire. L’histoire est narrée du seul point de vue ashkénaze [la Shoah, au détriment de l’expulsion d’environ 800 000 juifs des pays arabes]. C’est pareil au Parti travailliste : quand un Oriental y entre, il doit laisser cette qualité comme un passager laisse ses clés à un portique d’aéroport.»

En 1948, lorsque les juifs du Yemen sont arrivés, l’élite ashkénaze, cette même gauche qui aujourd’hui attaque le gouvernement Netanyahu pour son imaginaire racisme envers les illégaux d’Afrique, ne leur offrait dans les kibboutz que les postes de troisième zone : nettoyer les tables, laver le sol et les chiottes, tandis que les nouveaux arrivants ashkénazes se voyaient immédiatement offrir des postes dans les bureaux.

La gauche ne voyait pas l’intérêt politique à feindre de lutter contre les inégalités. Elle n’a pas changé dans le fond, mais a appris à le dissimuler…

… Jusqu’à un certain point.

En mars dernier, alors que la gauche israélienne voyait l’élection lui échapper, elle reprenait son bâton raciste et méprisant.

“Ceux qui embrassent les amulettes [les mezouzah], sont des païens, des adorateurs païens et ils contrôlent le pays

L’auteur dramatique ashkénaze – donc de gauche – Joshua Sobol déclarait que la religion est une “superstition”, une “maladie universelle”, et il comparait la campagne électorale de Naftali Bennett au nazisme.

Il se moqua ensuite “des gens qui touchent de la main la mezouzah sur les portes” (4) [il visait sans s’en cacher les juifs séfarades et orientaux], et les traita de « fous ».

Deux jours avant, Yair Garbuz, un autre ashkénaze, un autre artiste en vue, donc un autre gauchiste, déclarait lors d’une manifestation à Tel Aviv que “ceux qui embrassent les amulettes [les mezouzah], sont des païens, des adorateurs païens et ils contrôlent le pays » [l’écrasante majorité des séfarades votent Likoud, le Parti au pouvoir].

Rien n’a changé depuis les propos de Moshe Karif en 1998.

Pourtant, c’est grâce à la droite que Meretz et la bobosphère ashkénaze existent encore politiquement. En 2014, le Likoud faisait voter une loi qui remontait la barre d’entrée à la Knesset de 2 à 3.25%, afin de réduire le pouvoir de chantage des micro-partis. A 3.25%, Meretz pouvait encore exister.

La gauche modérée est partout… et nulle part

Les juifs de gauche modérés perdent toutes les élections, alors qu’ils ont la main sur les principaux leviers du pays :

• tous les médias télévisés sont de gauche,

• la quasi totalité des journaux et des grandes radios sont de gauche,

• les instituts de sondages (qui ont annoncé que Netanuyahu serait balayé par un raz de marrée lors des dernières élections) les universités, la haute Cour, le monde des arts et de l’intelligentsia, de nombreux postes clefs dans les grandes administrations et parmi les ambassadeurs, sont de gauche,

• et le monopole d’une partie de l’économie qui maintient artificiellement les prix élevés est aux mains de 20 ou 30 familles ashkénazes, qui ont capté des pans entiers de l’économie par copinage quand la gauche était au pouvoir dans les années 60/70, le maintiennent par des lois anti-capitalistes et anti-libérales, et font tout pour empêcher que le gouvernement brise leur confortable monopole, au détriment de la population israélienne.

Je pourrai continuer longtemps, parler des ficelles usées de leur propagande, mais je laisse le mot de la fin à un idéologue de gauche, le professeur de civilisation française Denis Charbit.

Juif d’origine algérienne, je l’ai entendu dans une conférence s’agiter dans le vide dans d’éternels monologues post-sionistes pour tenter d’éffrayer, et convaincre du danger immédiat que représente le gouvernement Netanyahu, et, ramener le vote séfarade à gauche.

C’est la chance de la droite israélienne et le vice de la gauche. Prêtez attention à leurs arguments : Ils menacent toujours d’un danger fatal si on ne les écoute pas. Les Israéliens ne les écoutent pas. Le danger n’arrive pas. Ils espèrent que les Israéliens oublieront. Ils n’oublient pas. Ils sont prisonniers de ce narratif.

Denis Charbit :

«C’est un problème de mémoire collective. Les ashkénazes sont encore identifiés par les séfarades comme ceux qui, dans les années 50-60, les ont mal intégrés»

Et ils croient «que la gauche les a encore trahis en faisant du Palestinien la figure de la victime et sa conscience.»

Non monsieur Charbit. Vous êtes dans l’erreur. Mais comprendrez-vous un jour ?

Les ashkénazes ne sont pas « encore » identifiés comme ayant mal traité les séfarades, ils continuent jusqu’à maintenant à leur envoyer des signaux de mépris, et les séfarades n’ont ni les yeux dans les poches, ni la mémoire courte, ni le cerveau influençable par des mots : ils font confiance à ce qu’ils voient, comprennent ce qui les entoure, entendent ce qu’ils entendent, et ce pouvoir là décime la gauche israélienne.

Les séfarades ne « croient pas » que la gauche fait du palestinien sa conscience, ils le voient.

Ils voient que les appels à la destruction d’Israël, les louanges d’Abu Mazen [Mahmoud Abbas) aux terroristes, l’interdiction faite aux juifs de poser « leurs pieds souillés » dans le futur Etat palestinien, ne sont pas des messages de paix mais des problèmes à venir. Et ils ne veulent pas échanger des terres contre des problèmes à venir.

Et… c’est la gauche qui maintient les inégalités

Salaires moyens en Israël selon l'origine

En 2004, le salaire moyen des ashkénazes était 36% supérieur à celui des séfarades, selon une étude du centre Adva (6).

En 2014, l’écart de salaire ashkénazes/ séfarades est monté à 42%, toujours selon Adva.

Les Ashkénazes, c’est à dire la gauche israélienne, se réservent encore les meilleures places, comme pour les nouveaux arrivants ashkénazes et yéménites en 1948, tandis qu’en public, ils clament leur attachement à la justice sociale et la réduction des inégalités.

CQFD et échec et mat monsieur Charbit.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Sources :

(1) huffingtonpost.com

(2) timesofisrael.com

(3) jpost.com

(4) timesofisrael.com

(5) liberation.fr

(6) http://adva.org/he/index.html

timesofisrael.com/huge-wage-gap-between-ashkenazim-mizrahim


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