LA VIE DE MA MAMAN

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1769

 

 

 

 

 

 

 

C’est à Berlin que je suis née, en  1926.

En 1927 à 1 an

Mon père, Harry Marburger, était né à Francfort-sur-le-Main, en 1894, et ma mère, Elsa Esther Wagner,  à Hambourg, en 1900. Ils avaient étudié tous les deux dans des écoles religieuses de Beit- Yaakov.

Mes parents

Après leur mariage, ils étaient partis à Berlin.

Nous étions quatre enfants, mon frère Jacques Yaakov, né en 1924, mon frère Joseph, né en 1927, ma  soeur Yvonne, née en 1933 à Paris, et moi-même Suzanne Ra’hel née en 1926.

En 1933, après avoir lu « Mein Kamf », où Hitler donnait tous les détails sur son désir d’exterminer les Juifs, mon père fut effrayé et décida de quitter l’Allemagne la veille de la montée au pouvoir du nazisme.

C’était un vendredi soir, et pour nous qui étions très religieux, cette profanation du shabbat fut une décision très difficile.  Mais il s’agissait de « pikoua’h nefech ». Nous sommes donc partis, parents et enfants, pour la Hollande où nous sommes restés à peu près six mois. Mon père a alors décidé de déménager et a emmené sa famille à Paris. Ma mère attendait alors son quatrième enfant et ma petite sœur Yvonne est née à Paris, en 1933. Nous avons retrouvé une vie familiale normale. Chacun des enfants a repris ses études dans une école juive, l’école « Lucien de Hirsch », avenue Secrétan dans le 19ème arrondissement.

En 1938, mon père a fait sortir d’Allemagne notre vieille tante Hana Wagner qui vivait toute seule et l’a ainsi sauvée des Allemands. Elle est venue vivre avec nous.

En 1939, comme chaque année, nous sommes partis en famille au bord de la mer. Cette année-là, nous étions à Knokke, station balnéaire sur la mer du Nord. Nous y étions quand la guerre a été déclarée, en septembre 1939. Nous sommes restés sur la côte jusqu’à la fin de l’année. Puis nous sommes rentrés à Paris.

Début 1940, mon père fut arrêté par les Français et envoyé dans un camp de travail obligatoire. En juin 1940, nous avons dû de nouveau quitter Paris car les Allemands en étaient déjà aux portes.  Restée seule avec nous, Maman organisa l’évacuation de la famille. C’était  le début d’un nouvel exode, à la veille de Shavouot.

Pour lui venir en aide, je lui ai dit que j’irais acheter les billets à la gare. J’avais alors quatorze ans  et je ne savais pas ce qui m’attendait. La station du métro était déjà fermée et j’ai dû aller à pied à la gare. Mais je n’ai pu arriver jusqu’à la gare car il y avait des kilomètres de queue devant les guichets, des milliers de personnes attendaient pour acheter des billets… Tout Paris était bouleversé. J’ai tout fait pour me faufiler dans la queue et j’ai fini par arriver au guichet. Quand je suis revenue à la maison après plusieurs heures, ma mère était affolée, elle avait peur de ne plus me revoir.

 

Nous nous sommes réfugiés à Albi, dans le Tarn, et nous avons habité dans une ferme des environs jusqu’en septembre1940. Les conditions de vie et le manque d’hygiène étaient déplorables.  Nous vivions entourés des animaux de la ferme.

Nous avons continué à chercher où aller. Nous avons rencontré une dame qui était avec son enfant et nous avons pris ensemble une chambre d’hôtel, près de Brive, dans le centre de la France. Nous étions neuf personnes dans la même chambre. C’était pour la nuit seulement,  pour avoir le temps de nous organiser…

A la campagne, pas très loin d’Albi, nous avons trouvé du travail dans une grande ferme et nous y sommes restés trois mois.

Nous sommes partis ensuite pour Toulouse, en Haute-Garonne, toujours ensemble, ma mère, la tante et les quatre enfants. Là, nous avons eu une vie plus organisée. Mon père nous a rejoints, les enfants sont retournés dans une école juive et se sont joints aux « Scouts ». Nous avons vécu comme cela jusqu’en 1942.

En 1941, mes frères et moi avons été arrêtés dans nos écoles respectives et avons été conduits au camp de Récébédou. Nous y avons été internés et privés de liberté durant 5 semaines, pendant le premier semestre de 1942. Nous y avons souffert du froid dû au mauvais temps et à la neige. Mon père s’est adressé au rabbin de Toulouse pour qu’il nous aide à sortir car il craignait le pire pour nous. Le rabbin a été très gentil et il a tout fait pour nous aider. Ma petite sœur étant née à Paris, ma mère avait des papiers d’identité indiquant qu’elle était française et cela a servi pour nous faire sortir du camp. Nous sommes ensuite partis pour Nice.

 

Une  fois à Nice, nous avons trouvé une chambre d’hôtel avec cuisine. Ma mère préparait les repas pour nous, et les enfants sont retournés à l’école. Cela a duré un peu plus d’un an jusqu’à ce que les Allemands arrivent à Nice et arrêtent les Juifs. Nous avons vu arriver à l’hôtel un camion avec des Juifs arrêtés  ailleurs. Les Allemands sont entrés à l’hôtel et mon père a montré nos papiers. Ils ne nous ont pas arrêtés mais cela a été pour nous le signal qu’il fallait partir de Nice. Sans que nous le sachions, mon frère Jacques était actif dans la résistance juive, et il a pu nous procurer des fausses cartes d’identité pour notre départ de Nice. Il a tout organisé pour que mon frère Joseph et moi passions en Suisse. Il fallait arriver à la frontière suisse-française pour pouvoir passer clandestinement en Suisse, et ceci avec l’aide de la résistance juive. Notre guide nous avait prévenus : « Si vous entendez des chiens aboyer, sachez que ce sont les chiens de la Gestapo. Ces chiens ont été dressés pour trouver les Juifs qui fuient ». Mon frère, moi, et quatre ou cinq autres enfants, avons donc pris le train, et sommes arrivés à la frontière vers une heure du matin. Nous avons rampé sous les fils de fer barbelés en faisant bien attention. Et D’ merci, nous avons eu de la chance. Nous sommes arrivés en Suisse, près de la ville de Genève.

En Suisse, nous avons été mis dans un camp de réfugiés. Je ne pensais qu’à une chose : comment retrouver mes parents et ma famille ? Deux semaines plus tard, mes parents sont arrivés avec ma sœur Yvonne, toujours grâce à l’aide de mon frère Jacques.

 

Notre camp était près de Genève et nous étions bien organisés. J’avais des relations amicales avec tout le monde,  aussi bien les Juifs que les soldats suisses. On m’avait choisie pour servir  les réfugiés juifs et les soldats. Je devais aller le matin acheter le lait avec le soldat qui gardait le camp. Mon père a eu peur que je cesse d’être religieuse. Il s’est adressé au bureau responsable des réfugiés afin que je sois placée dans une famille religieuse. Mon frère est allé à l’institution « Beit Asher » à Bex où il est resté jusqu’à ce que nous revenions à Paris. Quant à moi, j’ai été envoyée a Zurich chez un jeune couple juif religieux qui avait deux enfants dont une petite fille de quatre ans. J’ai travaillé chez eux selon leurs exigences mais j’ai eu du mal avec la petite qui était insolente et se mêlait de tout ce que je faisais. J’ai compris que je ne pourrais continuer ainsi. Un beau dimanche matin, j’ai pris ma valise et suis partie sans savoir exactement où aller. Mais j’avais déjà seize ans et pouvais me débrouiller. Je suis allée au Comité de Bienfaisance, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps  et leur ai dit : « Je ne partirai pas d’ici sans que vous me trouviez un autre endroit où aller ! » Une dame du Comité, très sympathique, m’a amenée chez elle provisoirement. J’y ai travaillé quinze jours, mais elle employait déjà une autre jeune fille et ne pouvait me garder davantage.

 

Le responsable du camp de réfugiés à Genève, où j’avais beaucoup d’amis, était marié et avait une petite fille. Ce couple était très gentil mais là-encore,  je n’ai pu rester longtemps.

J’ai donc été envoyée à Vevey, dans une famille suisse française protestante. Le mari était pasteur. Eux aussi étaient très gentils. Je devais faire la cuisine, mais bien sûr, je ne mangeais rien de ce que je préparais. Je mettais des légumes de côté pour moi.

 

Mon père, qui était dans un camp de réfugiés en Suisse française, à Morgins, était mécontent que je sois dans une famille protestante et a exigé qu’on m’envoie dans une famille juive religieuse. Sur ces entrefaites, il rencontra par hasard une connaissance de Francfort, un écrivain juif religieux du nom  de Chernovits.  Celui-ci lui dit que sa fille dirigeait  la maison d’enfants de Mont Pelerin à Vevey et lui conseilla  de m’envoyer chez elle. Madame Chernovits s’occupait de la femme âgée d’un médecin de Zurich et de quinze enfants, pour la plupart réfugiés. Je me suis aussitôt rendue chez elle. J’ai été chargée d’organiser des activités pour les enfants, comme je le faisais au mouvement scout. Chaque semaine, nous avions un « oneg shabbat », avec chants et jeux, nous faisions des promenades dans la région, des ballades en barque sur le lac Léman, des excursions dans la montagne, nous nagions, organisions des pique-niques.  En hiver, nous faisions du ski.

 

Mes relations avec la directrice devinrent très amicales, presque familiales. Elle m’aimait beaucoup et voulait que je dirige la maison avec elle. Elle me dit un jour: « On ouvre un cours pour assistantes de direction de maisons d’enfants. Tu es douée pour cela. Va t’inscrire et étudier à Zurich ».

Elle m’envoya pendant trois mois suivre ce cours qui se faisait en allemand. J’ai eu des difficultés avec la langue. J’écoutais les conférences en allemand et prenais des notes en français. Bien que j’aie toujours aimé les enfants, je ne me destinais pas à une carrière de directrice de maison d’enfants.

 

Madame Chernovits était divorcée et avait une fille de dix ans. Cette enfant avait une grave maladie de peau (psoriasis) et était rouge de la tête aux pieds. Elle était intelligente et très bonne. Chaque jour, elle restait couchée deux heures le matin et deux heures le soir enduite d’une huile sur tout le corps pour calmer ses douleurs. Je restais près d’elle et lui parlais. Plus tard, elle est venue en Israël et je lui ai présenté un jeune homme qui lui a plu. Ils se sont mariés et sont retournés en Suisse. Elle fut très heureuse  avec son mari. Il n’était pas religieux mais il était très gentil avec elle. Elle a souffert toute sa vie de psoriasis et elle est morte à cinquante-cinq ans.  J’étais toujours restée en contact avec elle et ai continué à l’être avec sa fille et avec madame Chernovits.

A la maison d’enfants, j’avais plus de travail que chez les scouts. Du matin au soir, il me fallait laver les enfants, les faire manger, les préparer pour l’école. Je n’ai donc pas pu étudier.

Parmi les enfants, il y avait un petit garçon et sa sœur de quatre ans, de la famille Shwob, que quelqu’un avait amenés.  Ils sont restés là sans leurs parents jusqu’à la fin de la guerre. Et  un jour, ici, à Jérusalem, près de chez moi, j’ai eu la surprise de rencontrer le petit garçon devenu une personne adulte et professeur de physique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Ma mère est également arrivée à la maison d’enfants et a travaillé à la cuisine.

Mon père n’a rejoint ma mère qu’après le retour à Paris à la fin de la guerre. Nous sommes revenus à notre appartement, dans le seizième arrondissement. Il était complètement vide. Les reproductions de peintres célèbres que mon père avait soigneusement gardés dans une espèce de grand livre en cuir avaient disparu. Il ne restait rien qu’une lampe au plafond. Tout cela par la faute de la concierge qui avait sans aucun doute donné les clés, car la porte n’avait pas été défoncée. Une femme placée là par les Allemands, probablement une collaboratrice, y habitait, et il a fallu à mon père trois ans d’actions en justice pour pouvoir récupérer l’appartement. Nous n’avions pas d’exigences. Nous étions contents d’avoir un lit ! Moralement, c’était quand même très dur,  mais nous étions libérés des nazis.

Ma sœur Yvonne était toujours avec mes parents. Moi, j’avais trouvé une chambre chez une dame pour qui je travaillais un peu.

Chacun a dû réorganiser sa vie. Mon père n’avait plus de travail. Ma mère a trouvé un emploi comme aide ménagère, grâce à mon frère Jacques. Moi, je suis retournée chez les scouts qui avaient organisé un cours d’assistance sociale pour aider les rescapés qui rentraient des camps. J’ai suivi ce cours pendant trois mois, et j’ai commencé à travailler essentiellement dans les gares où nous devions accueillir, à leur descente des trains, ceux qui revenaient des camps d’extermination. Il fallait les recevoir avec amour, les écouter raconter leur histoire épouvantable, les diriger. Certains ne retrouvaient plus rien, ni famille, ni appartement. Ils nous revenaient en pleurant :  » Pourquoi suis-je resté en vie ? J’aurais mieux fait de mourir là-bas ! ».  L’atmosphère était vraiment terrible pour moi qui n’avais que dix-huit ans. Mais j’ai continué à remplir mon rôle.

 

Mon frère Jacques nous a beaucoup aidés pendant cette période. Il a reçu du président Mitterrand le 8 mai 1992 sur la place de l’arc de triomphe, la légion d’honneur pour ses faits de résistance. Pendant qu’il était dans la résistance, il était recherché par les Allemands. Il avait été arrêté et amené dans les bureaux de la Gestapo. Les Allemands parlaient entre eux sans savoir qu’il comprenait la langue. Il a réussi à cacher dans un fauteuil les faux papiers qu’il avait sur lui  et à se sauver. Il était très fort.

Après la guerre, il a fait ses études de droit et est devenu avocat. Il a épousé Nicole et a eu deux enfants, Monique et Jean. Il est mort le troisième jour de Hanouka (comme mon frêre Joseph Za’l) en 2004.

Mon frère Joseph a passé son bac et a effectué ensuite son service militaire. Il est devenu un homme d’affaires. En 1956, il a épousé Myriam Goldberg et ils ont eu également deux enfants, Lydie 1958 et Daniel 1961. Il est mort le troisième jour de Hanouka en 2001.

 

J’ai connu mon premier mari à l’Agence Juive où je travaillais et nous sommes venus nous marier à Tel Aviv, en1949. Ce fut un mariage romantique. Le rabbin qui nous a mariés avait été le rabbin de Berlin et vivait alors à Kiriat Bialik. Mon père n’était pas au courant car je ne voulais pas qu’il s’endette pour payer le mariage.

Mon mari était dans les affaires (Import-Export). En trois ans, nous avons eu trois enfants, d’abord Annick Ahouva 1950, ensuite Gérard Yaakov 1951 et enfin Rémy Schlomo 1952. En 1950, j’ai décidé de me séparer de lui et le divorce a eu lieu en 1956. Il avait essayé de reprendre la vie commune mais c’était impossible car il continuait à être violent et à me frapper. Je suis restée alors avec les trois enfants dans un petit appartement de deux pièces, et la cuisine dans l’une d’elles. Un jour, il a pris les enfants et leur a acheté de très beaux vêtements. Une valise pleine! Quinze jours après, trois personnes sont venues d’un magasin de l’avenue Victor Hugo pour me demander de régler le prix des vêtements : 250 francs. Je leur ai dit de s’adresser à celui qui avait fait les achats, le père des enfants, qui n’était plus mon mari.

En 1953, mon père est décédé après une maladie douloureuse (un cancer de la gorge ). C’est grâce à lui que toute notre famille a pu être sauvée pendant la guerre. Que sa mémoire soit bénie.

Après la mort de mon père, ma mère est partie en Amérique et, plus tard, s’est remariée avec un Juif américain d’origine russe, veuf avec de grands enfants. En 1970, je suis allée la voir et suis restée avec elle pendant un mois. Elle est morte à soixante et onze ans d’une crise cardiaque. C’était une femme modeste, aussi belle physiquement que moralement. Que sa mémoire soit bénie.

C’est également à l’Agence Juive que j’ai connu mon deuxième mari. Il était comptable et devait être envoyé en Algérie. Il est entré dans mon bureau et a demandé à une amie qui travaillait avec moi : « Qui est cette femme sympathique ? Est-elle mariée ? » La réponse fut : « Elle est seule avec trois enfants. » Lui, était un célibataire de quarante et un ans qui désirait se marier. Il est tout de suite tombé amoureux et m’a invitée le soir-même à dîner. Le shabbat suivant, je l’ai invité à déjeuner chez nous. Il était ravi. Je n’étais pas encore décidée mais lui faisait déjà des plans d’avenir. Il est parti en Algérie et m’a téléphoné chaque soir pendant trois mois. En décembre, il est revenu à Paris et en 1961, nous nous sommes mariés. Nous avons eu deux enfants, Yael en 1962, David en 1966.

En 1968, nous avons fait notre alya.

Nous avons acheté l’appartement où nous avons vécu jusqu’en 2003 où nous avons intégré une maison de retraite à Kyriat Menahem. Au début, je suis allée à l’oulpan (avec mon fils David sur les genoux!). J’ai appris l’hébreu, l’anglais, l’informatique, la comptabilité. Mais j’ai eu des difficultés à m’adapter à la mentalité.

Mes garçons, Gérard et Rémy, étaient arrivés en Israël en1967 après la guerre des six jours. Ils ont étudié au Mosad Alya  de Petah Tikva.

Gérard s’est bien adapté à sa nouvelle vie. Plus tard, il a épousé Myriam dont il s’est séparé un peu plus tard.

Rémy et sa première femme Sonia ont eu deux enfants, Jonathan  1984 et Benjamin en 1987. Jonathan a fait son service militaire en Israel dans l’unité des Golani puis a fini ses études au Technion de Haifa et il est ingénieur en informatique. Benjamin  a fait son service militaire en Israel dans l’unité du Nahal et il  termine ses études au Technion de Haifa.  Rémy s’est remarié en 2002 avec Danielle.

Yael a épousé Nahman. Ils ont quatre enfants, Amihaï 1983, Oded 1986, Arel 1991 et Yaron 1992. Amihaï et Oded ont  fait leur service militaire et sont rentrés dans la vie active.e.

David et Rivka ont trois enfants,Avihad 1991, Lital 1989 et Elitsour 1997. Lital fait des études supérieures à la Mihlala de Bait Vegan à Jérusalem. Son frère va à l’école Noam.

Ma fille aînée Ahouva Za’l est morte en 2001 alors qu’elle était encore jeune. Elle s’est endormie et ne s’est pas réveillée. Enfant, elle m’aidait sans cesse, mettait la table, faisait le ménage. Elle aurait dû être mon « bâton de vieillesse »…

Ma sœur Yvonne s’est mariée à Paris avec un soldat juif américain, Morty. Ils sont allés aux Etats-Unis où Yvonne dont le mari est décédé il y a quelques années, vit encore aujourd’hui à Miami. Ils ont eu  cinq enfants. Leur fils Elhanan est dentiste et vit aujourd’hui à Bnei Braque. Phélis et Sindy, les jumelles, ont eu chacune six enfants et sont déjà grands-mères. Jessica a trois enfants et Judy en a quatre.  Phélis et Sindy ont fait une « année de service » en Israël et passaient la plupart des shabbats chez nous.

Le leit-motiv de la famille est « tout Israël est solidaire », à commencer par les parents et les frères et sœurs.

Mon espoir est que tous soient heureux et tolérants et qu’ils aient toujours un sourire aux lèvres.

 

PS Madame GUELMAN qui a procédé aux auditions et à la retranscription des souvenirs écrivait en 2006 à la fin du texte.

הכרתי את גב’ לוי במשך תקופה ארוכה עוד מימי הבנות שלנו שלמדו באותה הכיתה.

גב’ לוי היא חלק מן הנוף של השכונה.

אישה נמוכה עם תרמיל על גבה

צועדת לכוון התחנה אל מרכז קהילתי

« פיליפ ליאון » בקריית היובל.

כל בוקר תמיד עם עלות השחר,

קיץ וחורף בכל העתים

לשחייה בבריכה עם חיוך על הפנים,

קיץ וחורף בכל העתים.

יישר כוח לך! מעל מאה ועשרים.

 

אהובה גלמן

ירושלים, א’ בניסן תשס »ה

TRADUCTION

J’ai connu Madame LEVY durant une longue période depuis le temps où nos filles étaient dans la même classe.

Madame LEVY fait partie du décor du quartier. (Bayt Vagan)

Une femme, petite avec son sac sur le dos

Marchant vers le centre communautaire Philipe LEON à Kiryat Yovel

Chaque matin dès l’aube

Eté comme hiver par tous les temps

Pour aller nager, sourire aux lèvres

Eté comme hiver par tous les temps

Continuez et persévérez jusqu’à plus de 120 ans …

 

Aouva Guelman

Jerusalem le 1 Nissan 5765

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

הפרויקט נעשה במסגרת האגף לשרותי בית וקהילה

Ce projet a été realisé dans le cadre des services communautaires de

Association YAD SARAH

, http://www.yadsarah.org.il/francais/index.asp?id=61

טלפון: 02-6444683Téléphone

 

Directrice du projet Rivka Avihail

Audition Ahouva Guelman

Transcription et saisie Ahouva Guelman

נעמי קרמינצר Rédaction en Hébreu

Rédaction en Français Colette Hirsch

Martine Elkarat
Scanérisation des photos Yehudit Agrest

 

 

 

סיפור זה נכתב בסגנונו ובאחריותו של המספר