Pourquoi ils font le Djihad, par Jean-Paul Ney. Le livre choc de la rentrée.

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25/08/2015 – 08h30 Paris (Breizh-info.com) – Les éditions du Rocher publient en cette rentrée littéraire Pourquoi ils font le Djihad, un livre de Jean-Paul Ney qui devrait intéresser tous ceux qui sont curieux de savoir pourquoi, en Bretagne comme ailleurs, des convertis ou des immigrés sont partis pour aller rejoindre la bannière de l’Islam radical, en Syrie ou ailleurs.

On se souvient de Gilles Le Guen, partit rejoindre AQMI au Mali, ou de ce jeune Redonnais de 28 ans converti à l’islam  écroué récemment après avoir voulu se rendre en Syrie via la Turquie. Ou encore de cette adolescente quimpéroise de 14 ans soupçonnée elle aussi d’avoir voulu quitter Quimper pour rejoindre la Syrie et l’Etat Islamique. Et comment ne pas évoquer également le cas de David Drugeon, un Vannetais, surnommé « the french bomber » par les Américains.

Qui sont ces voyous devenus terroristes ? Pourquoi toute cette violence, cette haine de la France et de la police?  Qui sont ces ados qui adorent Ben Laden et nourrissent une admiration sans faille pour les gangsters, les terroristes, Mohamed Merah et Scarface ? Qui sont ceux qui s’identifient à la cause palestinienne et importent ce conflit en France ? Parmi eux, des jeunes hommes désemparés, à bout de souffle, que seul les religieux extrémistes reçoivent avec bienveillance. Des jeunes désespérés, préférant mourir loin de la France, en Irak ou en Syrie, nouvelles terres de djihad.

Une plongée au cœur de la haine anti-française

Jean-Paul Ney a plongé discrètement pendant plusieurs années au cœur des gangs, des cités, des prisons, des lieux de culte et des services de police pour mieux comprendre : émeutes, braquages, embuscades, voyoucratie, guerre des gangs, trafics. Il dresse ici un rapport sans concessions évoquant le face à face avec une jeunesse perdue dans des messages de violence, de complots et qui s’identifie elle-même comme « étrangère » à la France.Un livre passionnant, qui se lit comme on regarde un excellent reportage à la télévision.

Car l’auteur a effectué un vrai travail, sans craindre de prendre des risques – il a d’ailleurs été longtemps sous protection policière.  Jean-Paul Ney a le sens du contact, ce qui lui a permis de recueillir un nombre incroyable d’informations. Mises bout à bout, celles-ci nous donnent un livre terriblement inquiétant pour l’avenir du pays et même de l’Europe. Celle-ci est  en effet confrontée à une montée croissante de l’islamisme et à une radicalisation de toute une partie de la jeunesse immigrée, dont on nous dit pourtant qu’elle est une chance pour nos pays…

Une montée que l’auteur explique par le refus des politiques d’admettre la faillite du système éducatif, judiciaire, politique et de le réformer, radicalement, en profondeur ; un auteur qui voit poindre, si rien n’est fait, une guerre civile en France dans les prochaines années.

« Si rien n’est fait » écrit-il en conclusion du livre, « si les gouvernements continuent de réparer les pots cassés sans frapper en profondeur pour en extraire le mal, tôt ou tard, une majorité de citoyens vont saturer et rejeter en masse tout ce qui se rapproche de loin ou de près à l’islam : les Arabes de France, les mosquées, les intellectuels musulmans. Car le rejet est palpable, et peu de véritables intellectuels musulmans s’en lavent les mains. L’amalgame n’existe pas, les terroristes sont musulmans. Arabes et en majorité Algériens ou originaires du Maghreb, n’ayons pas peur de le dire. Si Laurent Fabius et d’autres continuent d’affirmer « que le terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam » et « que les musulmans ne sont en rien concernés », ils seront jugés complices d’un plan diabolique et obscurantiste » avant d’affirmer : « la France fait face à trois ennemis identifiés : les Frères musulmans, l’Etat islamique et les enfants de la génération Merah. Nous devrons tous les combattre, notre survie est dans la balance.» et de conclure, cyniquement, par un « jusqu’ici tout va bien… » tiré du film culte La Haine de Mathieu Kassovitz.

Une grenade pour réveiller tout le monde !

Jean-Paul Ney, comme le grand reporter qu’il est, a plongé au coeur du conflit, est allé dans les quartiers, a pris des risques, a rencontré « les vrais gens » , les flics sur le terrain  – pas les « chargés de communication » de la police -, les habitants des tours abjectes, les « racailles », les acteurs de ce qui se trame ; il ne s’est pas contenté d’analyse sociologique dans un salon des beaux quartiers parisiens, ou d’une sortie en banlieue en réclamant ça et là « plus de white, plus de blancos » ou en interpellant la foule qui « en a marre de cette racaille » . Il s’en prend d’ailleurs tout au long du livre à cette caste dominante, des politiques, des chargés de communication, des journalistes et des chefs de rédaction, qui cache la réalité de la situation au peuple.

Il livre, sur plus de 200 pages, des témoignages, des descriptions effroyables du quotidien des policiers et des habitants de certaines banlieues françaises. Il n’hésite pas à montrer du doigt tous ces Français « issus de l’immigration », qui sont en première ligne et majoritaires à la fois concernant la radicalisation islamiste, mais également pour toutes les scènes de guérilla urbaine vécues ces dernières années, comme à Villiers Le Bel.

Témoin rare ayant eu l’occasion de visionner la vidéo de la chevauchée sanguinaire de Mohammed Merah qu’il décrit dans le livre, expert prisé par les chaînes de télévision au moment des attentats de Charlie Hebdo, fin connaisseur de la situation en Afrique et au Moyen-Orient, proche de certains membres du renseignement intérieur, des services secrets, mais enfin et surtout éducateur sportif durant de longues années dans les banlieues, Jean-Paul Ney dégoupille avec ce livre une grenade pour réveiller tout le monde !

Il ressort de son livre que la situation est périlleuse ; qu’au sein de la police, comme au sein de la classe politique et médiatique, les hauts placés savent que la situation n’est quasiment plus sous contrôle dans les banlieues. Il faut donc faire régner l’omerta médiatique pour empêcher toute révolte populaire. Ce que dit Jean-Paul Ney, c’est ce que disent d’ailleurs les maudits, les pestiférés, les stigmatisés du politiquement correct depuis des années, des décennies.

L’analyse est brillante,précise, froide. Elle montre une réalité cachée par tous ceux qui devraient pourtant garantir aux citoyens leur sécurité quotidienne.

Une vision très « républicaine » des choses

On sera plus sceptique néanmoins sur l’aspect très « républicain » utopiste de Jean-Paul Ney. Ainsi se compare-t-il lui même à ces jeunes Maghrébins, Africains, Turcs, arrivés en France « lui le petits fils de Catalans ». Comme si rien ne différenciait culturellement un Européen d’un non Européen, comme si l’intégration qu’il prône pouvait être la même pour ces « Français comme vous et moi » selon l’auteur.

Ainsi, tout en se refusant à victimiser « les petites frappes », les « vermines »  – Jean-Paul Ney emploie de nombreux qualificatifs qui vont faire hurler les bien-pensants – M. Ney se sent tout de même obligé de pointer du doigt les Français pour n’avoir pas su intégrer correctement les immigrés dans les années 70, comme si le peuple avaient eu le choix d’accueillir ces populations qui faisaient à l’époque les beaux jours des Bouygues et consorts.

Lorsqu’arrive l’heure des perspectives  – assez sombres avec des risques d’attentats meurtriers élevés – et des solutions pour faire face à la montée de la génération Merah; Jean-Paul Ney en dresse toute une série, dont l’élimination physique des fous d’Allah qui se rendent en Syrie, sans jamais évoquer toutefois les vagues d’immigration sans précédent qui continuent d’arriver en France et en Europe sans que les populations autochtones soient consultées.

L’intégration républicaine telle qu’il en rêve étant déjà un échec monstrueux pour trois générations sacrifiées, on n’ose imaginer ce qu’il adviendra de tous ces damnés de la terre, quand ça ne sont pas des terroristes potentiels, qui se précipitent sur les côtes européennes. Encore moins ce que les autochtone deviendront sur leurs propres terres.

Ce fin connaisseur des pays arabes ne livre pas non plus de perspectives géopolitiques, se refusant à évoquer les choix de la France de faire la guerre à l’islamisme au Mali tout en armant ces fanatiques face à Bachar (dont le cousin préface le livre) , ou ne revenant pas non plus sur la chute de Kadhafi et ses conséquences désastreuses pour l’équilibre international dans la région. Un léger goût d’inachevé sur cette question, tout comme sur la perception des évènements par les « Gaulois », qui sont un peu les oubliés de l’histoire, comme s’ils n’existaient plus du tout (ce qui est en partie vrai) dans les banlieues françaises, hormis sous un uniforme policier.

Quoi qu’il en soit, Pourquoi ils font le Djihad est un livre à lire, à faire lire, et à posséder assurément pour comprendre ce qui arrivera demain mais aussi et surtout, pour agir avant qu’il ne soit trop tard. C’est d’ailleurs ce que Jean-Paul Ney explique à ses lecteurs quand il dit que reposer ce livre et rester les bras croisés ensuite serait suicidaire. Aux Français ensuite de décider de ce qu’ils estiment devoir faire pour changer les choses et bousculer l’ordre établi et l’omerta politico-médiatique.

Jean-Paul Ney est un grand reporter, journaliste d’investigation pourCanal Plus et France Soir. Après plusieurs années sur le terrain, il enseigne aujourd’hui son métier dans des écoles du journalisme mais également à travers sa startup KickstarTv, venant en aide « aux jeunes de tous horizons ».

Pourquoi ils font le Djihad – Jean-Paul Ney – Editions du Rocher – 19€.  Sortie le 17 septembre 2015

Crédit photo : DR
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